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Bou Marouane Ech-Chérif

Abou Abd-El-Malek Marouane Ben Ali El Bouni (489 H. 1087 E.C)


  
  

Ce fut Abou Marouane El Bouni qui eut, en premier, la responsabilité de la mosquée Abou-Leïth. Il en fit non seumement une université théologique où s'exprimait par d'incessantes recherches dans les domaines scientifiques les plus divers la vitalité de la civilisation arabe, mais aussi la mosquée où le courant  maliki trouvait son appui. Quelle fut donc la vie de cette personnalité qui domine l'histoire de Bouna depuis le Xe siècle et dont le nom est resté si populaire. Si sa date de naissance 439 de l'hégire (1037 E.C) et son lieu de naissance ont toujours été controversés par plus d'un historien, c'est dans Ed-Doura El Maknouna Fi Trrikh Oulama Bouna que l'auteur Cheikh Ahmed El Bouni, avec le souci de vérité historique, situe Masket-Er-Ras d'Abou-El-Malek Marouane Ben Ali Assadi El Kattane El Bouni à Ichbillia (Séville).

Son nom est lui-même sujet à controverse, car l'inexplicable confusion de surnoms qu'on lui donne demeure une énigme ; et si pour les Annabis il se prénomme Bou Marouane Ech-Cérif, pour des générations d'historiens il s'appelles d'Abd-El-Malek El Bouni, ou El-Assedi El Bouni ou différemment. Les textes pourtant nombreux se référant à ses ouvrages n'apportent aucune lumière sur son véritable nom.

Né donc en Andalousie, Abou Marouane précoce et doué devait immédiatement montrer les plus vives dispositions pour les sciences islamiques et militaires. Dés son jeune âge, il se rend à Cordoue pour s'instruire sous la direction de deux grands maîtres, le professeur El-Assili et le cadi Abou El Matraf dont il hérite la science. De Cordoue et aprés un séjour en Orient il apparaît en Afrique du Nord. A Kairouan, il fréquenteles cours de Abou El Hassen El Kabrissi ainsi qu'à Tlemcen ceux de Abou Jaffar Ahmed Ben Nasr Ed-Douadi auprès duquel il demeure cinq année, acquerra une trés forte personnalité.

De retour à Bouna où sa famille l'avait précédé, à peine est-il nommé imam de cette mosquée que se manifeste la grande vitalité de sa culture rapidement mise à la portée de toutes les classes sociales. Il se consacre aussi à la réalisation d'une grand oeuvre, l'ouverture d'une université théologique aux lieu et place de la mosquée et où des cours publics feront l'admiration des tolaba ; parmi eux qui sera plus tard l'une des plus grandes gloires littéraires d'Andalousie, El Imam Omar Ibn Hida, dont les écrits soulignent le haut savoir et l'éloauence de son professeur. El Imam El Hida, originaire de Toléde, passa donc de nombreuses années à Bouna en compagnie d'une élite d'étudiants venue également d'Espagne.

Une autre sommité du monde littéraire Abou El Kacem Ibn Mohammed connut aussi Abou Maroune El Bouni, étudia auprès de lui le fikh et l'analyse du Koran. Mais dans cette université en ébauche, il n'était pas le seul à enseigner, il avait auprès de lui son neveu El Fakih Omar El Kattane El Bouni. C'était aussi un savant célèbre formé sans doute dans la Jamiâ d'Abou Jaafer Ed-Daouadi. Il devint donc son assistant, harmonisa théologie et animation culturelles se préparant à l'héritage spirituel de son oncle. En tant qu'écrivain, dans un manuscrit subsistant sans doute, il avait analysé les fondements sociaux et l'épanouissement dû à la puissance spirituelle.

Voyons maintenant l'oeuvre du premier doyen de l'université de Bouna en tant que valeureux écrivain. Son ouvrage le plus important est sans conteste le commentaire du livre El Mouatta de l'Imam Malek, ouvrage qui fut repris par d'autres sommités de la littérature telles que Hatem Et-Trabelsi, Abou El Khala et Ali Amr El Qualini. Un exemple de cet ouvrage se trouve de nos jours à la Zitouna de Tunis. Se permettre à travers ce livre, de commenter les conceptions de l’Imam Malek, l’un des quatre grands imams de l’Islam , c’était faire preuve d’une audace que seule une érudition incomparable peut autoriser. Cet art d’explorer un à un tous les passages du « Mouatta », il le possédait. Bien entendu, à travers ce livre, il révèle des profondeurs et des aspects méconnus du grand public.

Ce livre affirma, dès lors, la prodigieuse culture de celui dont le nom devait désormais s’identifier à cette mosquée, d’où l’appellation « Jamma Abou Marouane El Bouni ».

A sa mort en 505 de l’hégire (1111 E.C.) il fut enterré dans l’une des salles de l’édifice auprès d’Abou Leïth El Bouni. Il eut pour successeur à la tête de l’Universté son neveu, Omar El Katane.
 

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