 Ce fut Abou Marouane El Bouni qui eut, en
premier, la responsabilité de la mosquée Abou-Leïth. Il en fit non
seumement une université théologique où s'exprimait par d'incessantes recherches dans les domaines scientifiques les plus divers la vitalité de la civilisation arabe, mais aussi la mosquée où le courant maliki trouvait son
appui. Quelle fut donc la vie de cette personnalité qui domine l'histoire
de Bouna depuis le Xe siècle et dont le nom est resté si
populaire. Si sa date de naissance 439 de l'hégire (1037 E.C) et
son lieu de naissance ont toujours été controversés par plus d'un
historien, c'est dans Ed-Doura El Maknouna Fi Trrikh Oulama Bouna que
l'auteur Cheikh Ahmed El Bouni, avec le souci de vérité historique, situe
Masket-Er-Ras d'Abou-El-Malek Marouane Ben Ali Assadi El Kattane El Bouni
à Ichbillia (Séville). Son nom est lui-même sujet à controverse, car l'inexplicable confusion de surnoms qu'on lui donne demeure une énigme ; et si pour les Annabis il se prénomme Bou Marouane Ech-Cérif, pour des
générations d'historiens il s'appelles d'Abd-El-Malek El Bouni, ou
El-Assedi El Bouni ou différemment. Les textes pourtant nombreux se
référant à ses ouvrages n'apportent aucune lumière sur son véritable
nom.
Né donc en Andalousie, Abou Marouane précoce et doué devait
immédiatement montrer les plus vives dispositions pour les sciences
islamiques et militaires. Dés son jeune âge, il se rend à Cordoue pour
s'instruire sous la direction de deux grands maîtres, le professeur
El-Assili et le cadi Abou El Matraf dont il hérite la science. De Cordoue
et aprés un séjour en Orient il apparaît en Afrique du Nord. A Kairouan,
il fréquenteles cours de Abou El Hassen El Kabrissi ainsi qu'à Tlemcen
ceux de Abou Jaffar Ahmed Ben Nasr Ed-Douadi auprès duquel il demeure cinq
année, acquerra une trés forte personnalité.
De retour à Bouna où
sa famille l'avait précédé, à peine est-il nommé imam de cette mosquée que
se manifeste la grande vitalité de sa culture rapidement mise à la portée
de toutes les classes sociales. Il se consacre aussi à la réalisation
d'une grand oeuvre, l'ouverture d'une université théologique aux lieu et
place de la mosquée et où des cours publics feront l'admiration des tolaba
; parmi eux qui sera plus tard l'une des plus grandes gloires littéraires
d'Andalousie, El Imam Omar Ibn Hida, dont les écrits soulignent le haut
savoir et l'éloauence de son professeur. El Imam El Hida, originaire de
Toléde, passa donc de nombreuses années à Bouna en compagnie d'une élite
d'étudiants venue également d'Espagne.
Une autre sommité du monde
littéraire Abou El Kacem Ibn Mohammed connut aussi Abou Maroune El Bouni,
étudia auprès de lui le fikh et l'analyse du Koran. Mais dans cette
université en ébauche, il n'était pas le seul à enseigner, il avait auprès
de lui son neveu El Fakih Omar El Kattane El Bouni. C'était aussi un
savant célèbre formé sans doute dans la Jamiâ d'Abou Jaafer Ed-Daouadi. Il
devint donc son assistant, harmonisa théologie et animation culturelles se
préparant à l'héritage spirituel de son oncle. En tant qu'écrivain, dans
un manuscrit subsistant sans doute, il avait analysé les fondements
sociaux et l'épanouissement dû à la puissance spirituelle.
Voyons
maintenant l'oeuvre du premier doyen de l'université de Bouna en tant que
valeureux écrivain. Son ouvrage le plus important est sans conteste le
commentaire du livre El Mouatta de l'Imam Malek, ouvrage qui fut repris
par d'autres sommités de la littérature telles que Hatem Et-Trabelsi, Abou
El Khala et Ali Amr El Qualini. Un exemple de cet ouvrage se trouve de nos
jours à la Zitouna de Tunis. Se permettre à travers ce livre, de commenter
les conceptions de l’Imam Malek, l’un des quatre grands imams de l’Islam ,
c’était faire preuve d’une audace que seule une érudition incomparable
peut autoriser. Cet art d’explorer un à un tous les passages du « Mouatta
», il le possédait. Bien entendu, à travers ce livre, il révèle des
profondeurs et des aspects méconnus du grand public.
Ce livre
affirma, dès lors, la prodigieuse culture de celui dont le nom devait
désormais s’identifier à cette mosquée, d’où l’appellation « Jamma Abou
Marouane El Bouni ».
A sa mort en 505 de l’hégire (1111 E.C.) il
fut enterré dans l’une des salles de l’édifice auprès d’Abou Leïth El
Bouni. Il eut pour successeur à la tête de l’Universté son neveu, Omar El
Katane.
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